Conditions d’ouverture des droits à l’ARE

Six mois de travail sur les deux dernières années, une perte d’emploi involontaire et une inscription : les conditions de base, et leurs subtilités.

Avez-vous droit au chômage ?

Droit à l’ARE

oui

Durée d’indemnisation6,1 mois
Affiliation minimale6 mois (130 jours)
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Mis à jour le · Radif Partners · Charte éditoriale

ConditionRègle
Affiliation130 jours travaillés ou 910 heures sur 24 mois (36 mois si 55 ans et plus) ; 5 mois pour les primo-demandeurs
Perte d’emploiInvolontaire : licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, démission légitime
InscriptionSur francetravail.fr, dans les 12 mois suivant la fin du contrat
Recherche d’emploiActes positifs et répétés, actualisation mensuelle
AptitudePhysiquement apte à l’exercice d’un emploi
ÂgeSous l’âge de la retraite à taux plein (67 ans, ou 64 avec trimestres)
RésidenceEn France (métropole, DROM), sauf mobilité européenne temporaire

La condition d’affiliation

Il faut avoir travaillé au moins 130 jours, ou 910 heures, au cours de la période de référence affiliation. Les deux seuils sont équivalents à six mois et sont alternatifs : France Travail retient celui que vous atteignez. Le décompte en jours suit les jours calendaires couverts par un contrat, y compris les week-ends et les jours de congé, à raison de 30 jours maximum par mois civil ; le décompte en heures suit les heures rémunérées, y compris les heures supplémentaires, avec un plafond de 260 heures par mois. Un salarié à temps plein en CDI atteint 130 jours après un peu plus de quatre mois calendaires ; un salarié à temps partiel très réduit peut avoir besoin des 130 jours calendaires, soit près de cinq mois de contrat. Pour une première ouverture de droits, la condition est ramenée à cinq mois, soit 108 jours ou 758 heures, depuis le 1er avril 2026.

La période de référence

Les 24 mois (ou 36) précèdent la fin du dernier contrat. Toutes les périodes d’emploi salarié y comptent, y compris à l’étranger dans l’UE (formulaire U1). Les périodes de maladie, maternité et formation prolongent la période de référence d’autant.

Le point de départ est la fin du contrat de travail qui précède l’inscription, ou, si vous vous inscrivez tard, la fin du dernier contrat dans les douze mois précédant l’inscription. Toutes les périodes d’emploi situées dans la fenêtre comptent, quelle que soit la nature du contrat, du secteur ou du temps de travail : CDI, CDD, intérim, contrat aidé, apprentissage, fonction publique contractuelle. Les périodes d’emploi déjà utilisées pour une ouverture de droits antérieure ne sont pas réutilisables. La fenêtre est allongée des jours d’arrêt maladie indemnisé, de congé maternité ou paternité, de formation, de service civique, de détention et de certaines périodes de chômage non indemnisé, de sorte qu’un long arrêt maladie ne fait pas perdre le bénéfice de périodes de travail plus anciennes.

La perte involontaire d’emploi

Le contrat doit avoir pris fin sans que vous en soyez à l’initiative, ou par un motif que le règlement assimile à une perte involontaire. Le licenciement, quel qu’en soit le motif, la rupture conventionnelle, la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim, la rupture anticipée d’un CDD par l’employeur, la mise à la retraite d’office avant l’âge du taux plein, la démission légitime et la démission pour reconversion ouvrent des droits. La démission ordinaire, l’abandon de poste et la rupture de la période d’essai par le salarié n’en ouvrent pas. Le guide Démission, rupture conventionnelle, licenciement passe en revue chaque cas.

L’inscription et la recherche d’emploi

L’inscription comme demandeur d’emploi se fait en ligne et déclenche la demande d’allocation. Elle doit intervenir dans les douze mois suivant la fin du contrat, délai allongé des périodes d’arrêt maladie, de formation et de certaines situations particulières. Une fois inscrit, vous devez accomplir des actes positifs et répétés de recherche d’emploi, définis dans le projet personnalisé d’accès à l’emploi, et vous actualiser chaque mois. Le contrat d’engagement, entré en vigueur en 2025, formalise les attentes réciproques ; son non-respect expose à une radiation d’un à quatre mois et à une suppression de l’allocation de même durée, puis, en cas de récidive, à une radiation définitive du droit en cours.

L’aptitude et l’âge

Le demandeur d’emploi doit être physiquement apte à exercer un emploi. Un arrêt maladie en cours ne fait pas obstacle à l’inscription, mais suspend l’indemnisation : les indemnités journalières de la Sécurité sociale prennent le relais et les droits sont reportés. La condition d’âge est double. Il faut ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite en remplissant le nombre de trimestres pour le taux plein, ni, dans tous les cas, l’âge du taux plein automatique de 67 ans. Un allocataire de 64 ans qui n’a pas tous ses trimestres reste indemnisable, et le maintien des droits jusqu’à la liquidation de la retraite à taux plein est possible pour les allocataires de 62 ans et plus en fin de droits, sous réserve d’avoir été indemnisés au moins 365 jours et de justifier de douze ans d’affiliation dont une année continue ou deux années discontinues dans les cinq dernières années.

La résidence en France

L’indemnisation suppose de résider sur le territoire français, métropole et départements d’outre-mer, à l’exception de Mayotte qui relève d’un régime propre. Une absence à l’étranger de plus de 35 jours par année civile doit être signalée et suspend les droits ; la recherche d’emploi dans un État européen est possible pendant trois mois avec le document U2, prolongeables jusqu’à six mois sur accord de France Travail, en conservant l’allocation française.

Ce qui n’est pas une condition

Idée reçueRéalité
Il faut avoir cotisé un anSix mois suffisent (130 jours ou 910 heures) ; cinq pour un premier droit
Il faut un CDITout contrat de travail salarié compte, CDD et intérim compris
Il faut être licenciéRupture conventionnelle, fin de CDD et démissions légitimes ouvrent aussi des droits
La faute grave prive de chômageNon : elle prive du préavis et de l’indemnité, pas de l’ARE
Les ressources du conjoint comptentNon : l’ARE est une assurance, sans condition de ressources
Un patrimoine empêche l’indemnisationNon, aucune condition de patrimoine

Vérifier son éligibilité

  1. Repérez la date de fin de votre dernier contrat et remontez de 24 mois (36 si vous avez 55 ans ou plus).
  2. Additionnez les jours couverts par un contrat dans cette fenêtre, 30 par mois complet, ou les heures rémunérées sur vos bulletins.
  3. Vérifiez que la rupture est involontaire ou assimilée.
  4. Inscrivez-vous dès le lendemain de la fin du contrat, sans attendre les documents de l’employeur.
  5. Estimez le montant et la durée avec le simulateur.

Questions fréquentes

Les primo-demandeurs ont-ils des conditions différentes ?

Oui, depuis avril 2026. Une personne qui n’a jamais été indemnisée par l’assurance chômage doit justifier de 5 mois d’affiliation sur la période de référence, au lieu des 6 mois exigés des autres demandeurs. La mesure vise les entrées dans la vie active et les parcours débutés par des contrats courts. Toutes les autres conditions, inscription, recherche effective, résidence en France, âge, restent identiques.

Que valent 910 heures ?

910 heures, c’est l’équivalent de 130 jours travaillés à 7 heures. Les deux seuils sont alternatifs et non cumulatifs : France Travail retient celui qui vous est le plus favorable. La distinction compte dans deux cas opposés, un temps partiel étalé sur beaucoup de jours atteindra plus vite le seuil en jours, tandis qu’un contrat court mais intensif, avec de longues journées, atteindra plus vite le seuil en heures.

Faut-il être disponible ?

Oui, et cette condition se vérifie tout au long de l’indemnisation, pas seulement à l’ouverture du droit. Il faut être inscrit comme demandeur d’emploi, rechercher effectivement un emploi et pouvoir en justifier, être physiquement apte à travailler, résider en France, et ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein. Le respect du projet personnalisé d’accès à l’emploi conditionne le maintien du versement.

Les périodes à l’étranger comptent-elles ?

Les périodes d’emploi dans un État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse sont prises en compte sur présentation du document portable U1, à condition d’avoir repris un emploi en France avant l’inscription. Hors Europe, les expatriés relèvent de l’annexe IX s’ils ont adhéré à l’assurance chômage volontaire.

Un contrat de moins de six mois peut-il suffire ?

Oui. La condition d’affiliation porte sur le cumul des périodes travaillées pendant la période de référence, pas sur la durée d’un contrat pris isolément. Plusieurs CDD, missions d’intérim ou temps partiels s’additionnent dès lors qu’ils totalisent 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans. Les employeurs successifs déclarent chacun leurs périodes, qui sont agrégées à l’instruction du dossier.

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Sources

Rédigé par

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