ARCE : toucher une partie de son chômage en capital pour créer son entreprise
L’ARCE transforme 60 % de vos droits restants en capital. Indiquez votre salaire et vos jours restants pour connaître le montant.
Quel capital avec l’ARCE ?
Capital ARCE
10 907 €
| Chaque versement (2) | 5 453 € |
| Droits ARE restants | 18 740 € |
| Part non versée (40 %) | 7 496 € |
| ARE journalière brute | 46,85 € |
Mis à jour le · Radif Partners · Charte éditoriale
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise, ou ARCE, permet à un demandeur d’emploi indemnisé de recevoir une partie de ses allocations chômage sous forme de capital. Son montant est égal à 60 % des droits à l’ARE restant à la date du début de l’activité, diminué d’une retenue de 3 % destinée au financement des retraites complémentaires. Elle est versée en deux fois : la moitié au démarrage, l’autre moitié 6 mois plus tard si l’activité se poursuit et si le bénéficiaire n’est pas en CDI à temps plein. Exemple : pour un ancien salaire de 2 500 € bruts, l’ARE est de 46,85 € par jour ; avec 400 jours de droits restants, le reliquat vaut 18 740 € et l’ARCE 10 907 €, soit deux versements de 5 453 €. Pour y prétendre, il faut avoir obtenu l’ACRE et en faire la demande à France Travail. L’ARCE ne se cumule pas avec le maintien mensuel de l’ARE.
Montant de l’ARCE selon l’ancien salaire
| Ancien salaire brut | ARE journalière | Droits restants (400 jours) | ARCE nette | Chaque versement |
|---|---|---|---|---|
| 1 800 € | 37,09 € | 14 836 € | 8 635 € | 4 317 € |
| 2 200 € | 42,40 € | 16 960 € | 9 871 € | 4 935 € |
| 2 500 € | 46,85 € | 18 740 € | 10 907 € | 5 453 € |
| 3 200 € | 59,97 € | 23 988 € | 13 961 € | 6 981 € |
| 4 000 € | 74,96 € | 29 984 € | 17 451 € | 8 725 € |
| 5 500 € | 103,07 € | 41 228 € | 23 995 € | 11 997 € |
Le calcul part de l’ARE journalière brute multipliée par le nombre de jours restants. On applique 60 %, puis on retire 3 %. Aucune CSG ni CRDS n’est prélevée sur l’ARCE. Elle est en revanche imposable à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires.
Montant selon les jours restants
| Jours de droits restants | Reliquat de droits | ARCE nette | Part non versée en capital |
|---|---|---|---|
| 150 jours | 7 028 € | 4 090 € | 2 811 € |
| 250 jours | 11 713 € | 6 817 € | 4 685 € |
| 400 jours | 18 740 € | 10 907 € | 7 496 € |
| 548 jours | 25 674 € | 14 942 € | 10 270 € |
Exemple pour une ARE de 46,85 € par jour. Plus vous créez tôt après l’ouverture de vos droits, plus le reliquat est élevé. À l’inverse, chaque mois d’allocation perçu avant la création réduit le capital d’une trentaine de jours.
Les conditions
- Être bénéficiaire de l’ARE ou y être admissible à la date de création ou de reprise.
- Créer ou reprendre une entreprise après la fin du contrat de travail, quelle que soit la forme : micro-entreprise, entreprise individuelle ou société.
- Avoir obtenu l’ACRE. C’est la condition qui bloque le plus souvent : sans elle, pas d’ARCE.
- Déclarer le projet à France Travail et demander l’ARCE à l’aide du formulaire prévu, en joignant le justificatif d’immatriculation et l’attestation ACRE.
- Ne pas avoir opté pour le cumul de l’ARE avec les revenus de l’activité pour le même droit.
Le calendrier des versements
Le premier versement est effectué à la date de début d’activité ou, si elle est postérieure, à la date à laquelle toutes les conditions sont réunies. Les différés et le délai d’attente de 7 jours s’appliquent d’abord, comme pour l’ARE. Le second versement intervient 6 mois après la création. Vous devez alors attester sur l’honneur que vous exercez toujours l’activité. Depuis avril 2025, ce second versement est refusé si vous occupez un emploi en CDI à temps plein à cette date, sauf si ce contrat a pris fin entre-temps.
ARCE ou maintien de l’ARE : comment choisir
Avec le maintien, vous continuez à percevoir une allocation chaque mois, diminuée de 70 % des revenus bruts de votre activité non salariée. Tant que l’entreprise ne dégage pas de revenu, l’allocation est versée en entier, dans la limite de vos droits. Sur la durée, vous pouvez donc toucher jusqu’à 100 % du reliquat, contre 58,2 % avec l’ARCE. L’ARCE est préférable si vous avez besoin de trésorerie au départ, par exemple pour un stock, un apport ou un prêt, ou si vous prévoyez de vous verser rapidement une rémunération qui réduirait fortement l’allocation mensuelle. Le maintien est plus sûr quand les revenus des premiers mois sont incertains. La page sur le cumul de l’ARE avec une activité détaille ce calcul.
Si l’activité s’arrête
En cas de cessation, réinscrivez-vous comme demandeur d’emploi. Les droits non versés sous forme de capital peuvent être repris, déduction faite de ce qui a été perçu au titre de l’ARCE, tant que le délai de déchéance n’est pas dépassé. Si vous avez retravaillé comme salarié entre-temps, de nouveaux droits peuvent s’ouvrir. Les dirigeants qui relèvent du régime des indépendants peuvent, sous conditions strictes, prétendre à l’allocation des travailleurs indépendants.
Exemple complet
Une salariée payée 2 500 € bruts est licenciée et ouvre un droit de 548 jours à 46,85 € par jour. Elle perçoit l’ARE pendant quatre mois et demi, puis crée sa société alors qu’il lui reste 400 jours. Son reliquat est de 18 740 €. France Travail calcule 60 % de cette somme, soit 11 244 €, retire 3 % et verse 5 453 € à la création, puis 5 453 € six mois plus tard. Les 7 496 € restants demeurent mobilisables si l’entreprise ferme dans le délai prévu.
Les erreurs fréquentes
Créer l’entreprise avant la fin du contrat de travail : l’ARCE est alors exclue. Oublier de demander l’ACRE dans les délais, en particulier en micro-entreprise. Demander l’ARCE après avoir déjà déclaré des revenus d’activité cumulés avec l’ARE : l’option n’est plus possible pour ce droit. Enfin, négliger l’impôt : les deux versements s’ajoutent à vos revenus imposables de l’année où ils sont perçus.