ARE nette 2026 : ce que France Travail verse réellement

Les simulateurs affichent presque tous le brut. Entre le brut et votre compte en banque, trois retenues, et une exonération que beaucoup ignorent.

Primes incluses, hors indemnités de rupture

Seuls les 24 derniers mois comptent (36 dès 55 ans) · 6 mois minimum

Première ouverture de droits depuis 20 ans ?
Indemnités de rupture (différés)

Indemnité conventionnelle ou transactionnelle dépassant l’indemnité légale

100 % dans votre navigateur · aucune donnée transmise · gratuit

ARE nette par mois (30 jours)

1 331 €

46,85 € brut/jour · 1 331 € net/mois · 548 jours

53 %
44 %
ARE nette
Retenues sociales
Perte de revenu
Salaire journalier de référence (SJR)82,19 €
ARE brute journalière (57 % du SJR)46,85 €
− Retraite complémentaire (3 % du SJR)2,47 €
− CSG + CRDS (exonérée : ARE < 61 €/jour)0,00 €
= ARE nette journalière44,38 €
ARE nette par mois de 30 jours1 331 €
Taux de remplacement brut56,2 %
Durée · 24 mois retenus (730 j) × 0,75548 jours ≈ 18,3 mois
Différés : attente 7 j + congés payés 0 j + spécifique 0 j7 jours
Premier jour indemnisé7 novembre 2026
Fin de droits (estimation)8 mai 2028
Total brut / net sur la période25 674 € / 24 320 €

Paramètres en vigueur (pas de revalorisation au 1er juillet 2026) : minimum 32,13 €/j dans la limite de 75 % du SJR, partie fixe 13,18 €, plancher de dégressivité 92,57 €, diviseur du différé spécifique 111,8 (depuis le 1er janvier 2026), exonération de CSG/CRDS sous 61 €/j. L’ARE est imposable (prélèvement à la source par France Travail).

Méthodologie →

Brut → net par salaire (24 mois, 40 ans)

Salaire brut/moisARE brute/jourRetraite compl. (3 % SJR)CSG + CRDSARE nette/jourARE nette/mois (30 j)
1 500 €33,10 €0,97 €0,00 €32,13 €964 €
2 000 €39,74 €1,97 €0,00 €37,77 €1 133 €
2 500 €46,85 €2,47 €0,00 €44,38 €1 331 €
3 000 €56,22 €2,96 €0,00 €53,26 €1 598 €
3 500 €65,59 €3,45 €1,14 €61,00 €1 830 €
4 000 €74,96 €3,95 €4,94 €66,08 €1 982 €
5 000 €93,70 €4,93 €6,17 €82,60 €2 478 €
6 000 €112,44 €5,92 €7,40 €99,12 €2 974 €

Les trois retenues

  1. Retraite complémentaire : 3 % du SJR, sans pouvoir ramener l’allocation sous 32,13 €.
  2. CSG : 6,2 % de 98,25 % de l’allocation (dont 3,8 % déductibles du revenu imposable).
  3. CRDS : 0,5 % de 98,25 %.

Exonération totale si l’allocation brute est inférieure au SMIC journalier (61 €), ou si le prélèvement l’y ferait passer (dans ce cas, prélèvement partiel). En pratique, sous environ 3 100 € de salaire brut mensuel, l’ARE est peu ou pas prélevée.

Pourquoi le net dépend du salaire, pas seulement du brut

La retenue pour la retraite complémentaire est assise sur le SJR, non sur l’allocation. Deux allocataires qui perçoivent la même ARE journalière parce que l’un est plafonné et l’autre non peuvent donc avoir des retenues différentes. Elle ne peut toutefois pas ramener l’allocation sous le minimum de 32,13 €, ce qui la neutralise pour les plus bas SJR. La CSG et la CRDS, elles, sont calculées sur l’allocation après un abattement de 1,75 % pour frais, d’où l’assiette de 98,25 %. Le seuil d’exonération est le SMIC brut journalier : si l’allocation brute est inférieure à 61 €, aucune contribution n’est prélevée ; si elle est supérieure mais que le prélèvement complet la ferait descendre sous ce seuil, seule la fraction qui laisse exactement le SMIC journalier est prélevée. Le simulateur applique ces trois règles dans l’ordre du règlement.

Le taux réduit de CSG

Indépendamment du seuil du SMIC, les allocataires dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à certains plafonds bénéficient d’une exonération totale de CSG et de CRDS, ou d’un taux réduit de CSG de 3,8 % au lieu de 6,2 %. Les plafonds dépendent du nombre de parts fiscales ; pour une part, l’exonération totale s’applique jusqu’à environ 12 800 € de revenu fiscal de référence et le taux réduit jusqu’à environ 16 800 €. France Travail applique le taux correspondant à votre situation à partir des données transmises par l’administration fiscale ; le simulateur, qui ne connaît pas votre revenu fiscal, retient le taux plein et surestime donc légèrement les retenues des ménages modestes.

Après le net social : l’impôt

Le montant net calculé ici est le net social, celui qui apparaît sur l’attestation de paiement. France Travail applique ensuite le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au taux personnalisé transmis par la DGFiP, ou au taux neutre du barème si vous l’avez choisi. Pour un allocataire seul à 1 350 € net par mois, le taux personnalisé est de l’ordre de 1 à 2 % ; pour un ancien cadre à 2 500 € net avec d’autres revenus dans le foyer, il peut dépasser 10 %. Le taux peut être modulé à la baisse dans l’espace impots.gouv.fr dès que la perte d’emploi est connue, sans attendre la déclaration de l’année suivante ; c’est souvent l’ajustement le plus rentable des premières semaines.

Le plancher : l’ARE nette ne peut pas descendre sous le brut minimal

Les prélèvements sociaux obéissent à une règle protectrice souvent ignorée : ils ne peuvent pas ramener l’allocation nette en dessous du montant de l’allocation minimale journalière. Lorsque le calcul théorique de la CSG et de la CRDS ferait passer sous ce seuil, le prélèvement est réduit à due concurrence, voire annulé. Le même mécanisme s’applique à la retenue pour la retraite complémentaire, qui n’est jamais prélevée si elle fait tomber l’allocation sous le montant minimal.

Concrètement, cela signifie que les allocataires aux salaires de référence les plus faibles perçoivent une ARE nette égale à leur ARE brute. L’écart entre brut et net n’apparaît qu’à partir du seuil d’assujettissement à la CSG, lui-même fonction du revenu fiscal de référence du foyer de l’avant-dernière année. C’est aussi la raison pour laquelle deux personnes ayant exactement le même salaire de référence peuvent percevoir des nets différents : ce n’est pas leur allocation qui diffère, mais la situation fiscale de leur foyer.

Ce que l’ARE continue de vous ouvrir

La retenue pour la retraite complémentaire prête à confusion parce qu’elle ressemble à une cotisation ordinaire. Elle n’en est pas une : elle est prélevée à 3 % du salaire journalier de référence, et non de l’allocation, et elle finance le régime Agirc-Arrco sans que vous ayez à acquérir vous-même les points. Les périodes indemnisées valident en effet des points de retraite complémentaire, ainsi que des trimestres de retraite de base, à raison d’un trimestre par tranche de cinquante jours indemnisés, dans la limite de quatre par an.

L’assurance maladie, la maternité et l’invalidité restent également couvertes pendant toute la durée de l’indemnisation, puis au moins douze mois après sa fin au titre du maintien de droits. Autrement dit, les retenues visibles sur le relevé de situation ne sont pas une simple ponction : elles correspondent à des droits qui continuent de s’ouvrir, ce qui distingue nettement une période indemnisée d’une période sans droits.

Retenues et cumul avec un salaire

Lorsque vous reprenez une activité, les retenues sociales s’appliquent à l’allocation effectivement versée après déduction des 70 % du salaire. L’exonération sous le SMIC journalier est alors appréciée sur l’allocation journalière réduite, ce qui peut faire disparaître la CSG pour un mois de cumul. Le salaire, lui, supporte ses propres cotisations. Le guide Cumul ARE et salaire détaille le calcul mensuel.

Questions fréquentes

Pourquoi mon allocation est-elle exonérée de CSG ?

Parce qu’elle est inférieure au SMIC brut journalier (61 € en 2026) : la loi interdit que le prélèvement de CSG/CRDS ramène l’allocation sous ce seuil. Les allocataires modestes (revenu fiscal de référence bas) bénéficient aussi d’une exonération ou du taux réduit de 3,8 %.

Quelle part de l’ARE est soumise à l’impôt sur le revenu ?

La totalité de l’allocation est imposable, comme un salaire et avec le même abattement de 10 %. France Travail applique le prélèvement à la source au taux transmis par l’administration fiscale, calculé sur vos revenus antérieurs et donc souvent trop élevé après une perte d’emploi, il peut être modulé sur impots.gouv.fr. Sur les 6,2 points de CSG prélevés, 3,8 points sont déductibles et viennent réduire le revenu imposable de l’année.

À quoi sert la retenue de 3 % ?

C’est votre participation au financement de la retraite complémentaire. Prélevée sur l’allocation à hauteur de 3 % du salaire journalier de référence, elle alimente l’Agirc-Arrco et vous permet de continuer à acquérir des points pendant toute la période de chômage indemnisé : ces trimestres ne sont donc pas des trous dans la carrière. La retenue ne peut pas faire descendre l’allocation sous le montant minimal fixé par l’Unédic.

Simulateurs et guides associés

Sources

Rédigé par

Éditeur de calculateurs et de guides pratiques

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